samedi, février 18, 2006

Les suites du référendum du 29 mai 2005



NON c'est NON
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MANIFESTER à Strasbourg de 14h à 16h et revenir le soir même à Paris, c'est le challenge que s'étaient fixés les manifestants qui empruntèrent le train affrêté par Attac, un certain samedi 11 Février à 7h15 du matin, avec comme mission, dire NON à nouveau à la proposition Bolkestein.

La petite troupe arriva à Strasbourg vers 11h 45 avec un beau soleil, bien réjouissant vu les températures !

Le temps de goûter aux plats locaux, la manifestion s'installa place de l'étoile.

Dans le "carré de tête", on distinguait Marie - Georges et le petit facteur mitraillés par les photographes.

Après avoir écouté les orateurs (En particulier le discours de Francis Wurtz, président du Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique qui fit le point sur l'état de la discussion concernant la directive au parlement), la manifestation qui piaffait d'impatience s'élança et emprunta les bords de l'Ill pour se diriger vers le Palais des congrès.

Composée du coté allemand d'importantes délégations syndicales et d'ATTAC et du coté français, de plusieurs syndicats (SOLIDAIRES , FSU, CNT... ) et de divers mouvements politiques ou associatifs (LCR,PCF, MRC, ATTAC,VERTS, Alternative libertaire, Agir ici, APEIS..) les manifestants parcoururent la ville avec comme principaux slogans: STOP BOLKESTEIN, PRESERVATION DU SERVICE PUBLIC, INTERNATIONAL SOLIDARITE

L'internationale (de circonstance), chantée dans les deux langues, fut reprise maintes fois.

Environ 5000 manifestants défilérent ainsi pendant deux heures. Peu de strasbourgeois sur les trottoirs et dans les rangs de la manifestation mais une visible et attachante solidarité entre les Attac et les syndicats venant des deux cotés de la frontière.

Des banderoles imposantes joliment illustrées, des personnages déguisés, hauts en couleurs et des orchestres conjuraient à partir de 15 heures un temps devenant plus menaçant.

Empruntant le parcours du tramway dans la dernière étape, les manifestants ralliaient vers 16 heures le palais de la musique et des congrès.

Sur les parkings où stationnaient les cars , on écouta les discours (traduits en français) des délégations allemandes, satisfaites de la manifestation puis leurs chansons et tambours dans une ambiance "ce n'est qu'un au revoir" qui réconforta tous les participants.

Et enfin retour en train , vers Paris, des militants de ce weekend peu ordinaire, armés de victuailles du terroir et de la conviction que ces voyages donnent l'occasion d'échanger.

Certains un peu endormis, d'autres un peu frigorifiés ( un wagon non chauffé) et tous, dans l'attente des réactions de la presse et des JT, arrivèrent à la gare de l'est à 23 h40.

D'autres rencontres entre militants d'Attac des 2 bords étaient prévues en soirée à Strasbourg ainsi que le lendemain ainsi qu'une mobilisation continue jusqu'au 14 février où 30 000 manifestants de la confédération européenne des syndicats (CES) étaient attendus devant le parlement.


Avec comme CAUSE COMMUNE: refuser une concurrence déloyale des travailleurs et professions des pays européens à faible coût de main d'oeuvre et comme mot d'ordre, le respect du vote du 29 mai contre une europe libérale et une harmonisation sociale par le haut entre états européens

mercredi, février 08, 2006

Connaissez vous le CPE ?

Ce ne fut pas le raz de marée mais il y eut beaucoup de monde, c'est le commentaire de France info de ce matin à propos des manifestations d'hier contre le Contrat Première Embauche .

A Paris et dans les villes de province, un jour de vacances scolaires, ils furent 400.000 (chiffre syndical) , 218 000 (données communiquées par la police) à protester contre un projet de nouveau contrat susceptible de créer des emplois (dixit le gouvernement) mais aussi de générer encore plus de précarité. (position syndicale)

En tous cas, à Paris la foule (avec de nombreux jeunes sous les bannières de leurs organisations) était au rendez vous avec ses banderoles, ses slogans, ses chansons et ses animations de rues.
La manifestation commencée à 14 heures à la Bastille s'acheva à 18 heures à Richelieu Drouot au rythme de la musique des camions sono.

Les photos qui suivent vous donneront une idée de l'ambiance de cette grande manifestation.










lundi, février 06, 2006

Une fiction (vraiment ?) sur la situation palestinienne (de Brahim SENOUCI)

Voici le fruit d'une nuit d'insomnie.


Fiction (vraiment ?)

En 2006, les Palestiniens occupent Gaza, Kalkilya, Tulkarem, Naplouse, Jénine, Bethléem, Jéricho, Ramallah et Hébron. Ce scandale soulève l’indignation du monde, en particulier de l’Europe, ce vieux (in)continent.
En plus, d’effrayants barbus ont pris les commandes et refusent de négocier avec l’homme de la paix, Ariel Sharon. Il est tellement homme de paix qu’il n’a besoin de personne. Une petite poussette de George et Ariel accepte de s’asseoir et dialoguer avec Sharon.
De toutes parts, on entend le même cri : Il faut sauver le soldat « processus ». Il faut que le processus continue. Il faut que Avi puisse discuter avec Pazner, Ehud avec Olmert, Shimon avec Shimon. Déjà, l’Europe menace les Palestiniens, par la voix de son représentant italien : « No processousso, no sousso ».

En 2045, les Palestiniens occupent un quartier de Jénine. Ce scandale soulève l’indignation… En plus, ils veulent ouvrir leurs fenêtres le soir, des fenêtres qui s’ouvrent vers l’extérieur, rendez-vous compte, empiétant ainsi sur l’espace aérien d’Israël ! L’Europe finance la pose de fenêtres qui s’ouvrent vers l’intérieur et menace les Palestiniens par la voix de son représentant letton : « Niet processki, niet sousski ».

Des négociations s’ouvrent entre Israël et l’Etat juif. Les partenaires promettent de libérer, dans un geste de clémence, Marwan Barghouti, à l’occasion du cinq centième anniversaire de ma naissance de Herzl. Ils promettent d’engager une négociation de 25 ans, aux termes de laquelle succéderait un dialogue d’un siècle et demi pour jeter les bases d’une approche prudente de la rédaction d’un prologue de 3.000.000 de pages, prologue que chaque palestinien devra naturellement apprendre par cœur et recto verso, qui pourrait éventuellement déboucher, si les conditions sont réunies et si la météo est bonne, sur une période d’observation d’un millénaire à l’issue de laquelle, si nul incident n’est constaté, réunir Benyamin avec Netanyahu pour décider de dire un petit bonjour aux Palestiniens à travers un hygiaphone.

Hélas, un plan de paix de cette audace ne verra pas le jour. L’armée israélienne vient d’abattre un terroriste palestinien qui était en possession d’armes de destruction massives achetées en Chine et en Turquie. Il en avait tout un poulailler !
Ce retard causa une légère contrariété aux Palestiniens, ce qui choqua l’émissaire de l’Europe, un Anglais, qui leur dit « God save the processus. If he does not, vous pouvez vous l’accrocher pour le pognon ».

En 3219, les Palestiniens occupent un immeuble de 12.000 étages, avec une emprise au sol de 1 mètre carré. L’Europe a financé la construction et Ariel a laissé faire contre l’engagement qu’aucun ascenseur n’y serait installé. C’est bien connu que les ascenseurs représentent un grave danger pour la sécurité d’Israël. David, en accord avec Lévy, a accepté que s’ouvre un nouveau round de négociations entre Golda et Meïr.
La séance, retransmise en direct sur TV-Spirite, aboutit au gentleman agreement suivant : Des négociations pourraient s’ouvrir si les Palestiniens déclarent reconnaître Israël, sans trébucher ni marquer un arrêt entre le « Is » et le « raël », s’ils récitent la Torah d’un trait sans respirer, s’ils réussissent à cacher leurs sourcils sous leur lèvre inférieure. Pas de chance, Rajoub venait de se les faire épiler, ce qui entraîna un nouveau retard de 14 millénaires.

La Ligue Arabe propose une normalisation totale à Israël et l’érection d’une statue de Ben Gourion dans toutes ses capitales en échange d’un hectare pour les Palestiniens. « Pffff », répond Arik.

En 24.153, les Palestiniens occupent un piton rocheux de 14 centimètres carrés, tous juchés sur les épaules de Abou Mazen. Ce dernier a dû d’ailleurs raccourcir son nom, trop grand pour le territoire. C’est ainsi qu’il est devenu « Zen », très zen. « Bof, a-t-il coutume de dire, tant qu’il y a du processus, il y a de l’espoir ». Cette situation cause quand même une certaine gêne pour les Palestiniens. Il semblerait même qu’un léger doute commence à s’insinuer dans certains esprits mal tournés sur la finalité du processus. Ces réserves arrivent aux oreilles du représentant de l’Europe, déclenchant sa fureur. C’est un Français, pur produit de la discrimination positive, qui leur hurle : « Makache processouze, makache flouze ».

En 45.123, les Palestiniens occupent la barbe du cheikh Yacine. Chaque famille occupe un poil. La classe corrompue s’est installée dans la moustache. On y est plus à l’aise et il y fait meilleur. Les tracasseries ne manquent pas. Pour rendre visite à son cousin qui habite la rive, pardon la joue droite, un habitant du menton doit faire un long périple, passer par le cou, remonter sur la nuque, traverser l’occiput, glisser précautionneusement le long des sourcils, épouser l’oreille, se tenir à son lobe, et de là, sauter en parachute en visant bien le poil d’arrivée. Durant le voyage, il faut veiller à éviter les barrages de l’armée israélienne tels que verrues, naevi…

Un soir, des Israéliens ont tendu une embuscade à Cheikh Yacine. Ils l’ont capturé, emmené dans une cabane, ligoté, assis sur une chaise. Au petit matin, de la cabane, sortaient des volutes d’after shave qui venaient se mêler au parfum du chèvrefeuille. La Palestine venait d’être rasée.

A suivre.
Comment ça, à suivre ?
Bien sûr, à suivre, puisque le processus, lui, n’a subi aucun dommage. Il continue !

Brahim SENOUCI

Universitaire

Membre du conseil national de l'Association Fance Palestine Solidarité